Réponses au questionnaire sur la Gestion des Déchets à Arles

Nicolas Koukas – Réponses au questionnaire sur la Gestion des Déchets à Arles

Vous engagez-vous à mettre le tri en place à la fin des deux marchés hebdomadaires ? Comment ? À quelle échéance ? Quelles seront les implications au niveau de l’organisation des collectivités ? Comment serait pratiqué le contrôle ?

 Tout d’abord, il est important de rappeler qu’une politique efficace de collecte et de traitement différenciés des déchets repose sur trois piliers : une sensibilisation des usagers qui doivent être acteurs et pour cela être parfaitement informés des règles, la mise en place de moyens techniques efficaces pour les accompagner et enfin un contrôle, voire une verbalisation en cas de non respect des règles.

 Pour ce qui concerne les deux marchés hebdomadaires, oui, le tri doit être effectif. Cela suppose en premier lieu une information et une sensibilisation des commerçants et des forains pour les amener à s’impliquer encore mieux dans ce défi et pour nous, commune et intercommunalité, être à l’écoute des besoins qu’ils exprimeront en termes de moyens techniques à mettre à leur disposition. Notre objectif est que les déchets soient répartis en trois blocs : les déchets fermentescibles, compostables, les déchets recyclables et enfin les déchets résiduels. Nous mettrons donc à disposition des commerçants trois types de conteneurs que nous répartirons au mieux sur l’espace public les jours de marché.

 Cette première étape pourra être réalisée avant fin 2020, concertation comprise !

 Mais avant même de procéder au tri, il nous faut réduire la production de déchets. C’est la première pierre d’une politique ambitieuse et responsable de gestion des déchets. Le cadre réglementaire évolue, avec la fin annoncée des sacs plastiques à usage unique. Nous valoriserons tous ceux qui joueront le jeu les premiers (certains le font déjà) et qui s’engagent dans la Charte écocitoyenne que nous avons mis en place en 2016 (pour l’instant à destination des associations mais que nous élargirons aux entreprises).

 De même, nous devons encourager nos concitoyens à moins consommer de sacs jetables et au contraire se munir de récipients réutilisables, comme le faisaient nos anciens, et comme cela revient au goût du jour, encouragé par les commerces qui proposent des produits en vrac.

 Enfin, nous veillerons, en mobilisant nos services municipaux, que je tiens, à féliciter pour leur capacité à remettre au propre, et dans un temps record, le boulevard Emile Combes et le boulevard des Lices après chaque marché, au respect des règles en prenant les sanctions adéquates si nécessaire. Avec l’appui de la Police municipale et des Agents de Surveillance de la Voie Publique habilités à dresser des procès verbaux pour des délits relatifs à l’environnement et déjà mobilisés les jours de marché, nous associerons les agents du nettoiement présents pour accompagner la démarche.

 En conclusion, nous sommes convaincus que le marché d’Arles, sans doute le plus grand marché de Provence, gagnera encore en notoriété s’il joue la carte de l’écologie. Forains, habitants, visiteurs et collectivités, nous avons tous intérêt à nous engager sur cette voie, jusqu’à rechercher une labellisation spécifique.

 La loi n’obligeant pas les collectivités à assurer le tri des déchets professionnels, il s’agit davantage d’une question de volonté politique d’organisation de la collecte. Avez-vous l’intention de traiter cette question ? Comment ?

 C’est là un sujet important qui demande à ce qu’une distinction soit faite entre les entreprises. En fonction de leur activité, de leur localisation, toutes n’ont pas la possibilité d’avoir un lieu (individuel ou collectif) de stockage des déchets, toutes ne sont pas soumises aux mêmes règles.

 Pour ce qui est du centre-ville, nous avons mis en place un dispositif de collecte sélective gratuite du verre et du carton, dont nous pouvons tirer des enseignements. Tous les commerçants ne sont pas encore inscrits dans cette démarche. Nous ferons en sorte qu’ils le soient, car l’effort qui leur est demandé nous paraît largement acceptable. Là encore, nous nous appuierons en premier lieu sur ceux qui s’engagent dans la Charte écocitoyenne, de manière à valoriser les plus vertueux à qui les autres ne manqueront pas d’emboiter le pas.

 Pour ce qui est des zones commerciales et industrielles, il existe des situations bien différentes. Certaines enseignes, certaines entreprises sont déjà organisées pour évacuer leurs déchets, dont la collectivité n’a effectivement pas la charge. Mais d’autres évacuent leurs déchets via les circuits normalement réservés aux déchets ménagers. Cette situation est identifiée et nous invite à un choix : soit rester dans le strict cadre de la Loi et contraindre les entreprises à trouver seules les solutions adaptées à leur situation, soit les accompagner pour trouver avec elles les solutions qui permettront à la fois de réduire les déchets, mieux les trier et trouver la juste répartition des coûts qui ne peuvent être supportés par la seule collectivité. Enfin, il existe d’autres types d’entreprise, telles que celles du BTP, pour lesquelles les filières de collecte et de traitement sont différentes. Si la responsabilité de la collecte et du traitement n’est pas de la responsabilité de la collectivité, il n’empêche qu’elle peut, et qu’elle doit valoriser les entreprises les plus vertueuses. Nous avons encore trop de dépôts sauvages pour lesquels nous engageons, dès lors que nous arrivons à identifier les auteurs, des procédures. Mais l’absence de déchetterie professionnelle sur le territoire doit nous interroger, car si l’immense majorité des entreprises fait preuve de civisme, nous souhaitons que la Communauté d’agglomération s’engage dès le début du mandat dans l’élaboration d’un Programme local de prévention et de gestion des déchets. Il offrira le cadre au nécessaire dialogue à mener avec les entreprises sur le sujet. En partenariat avec la CCI du Pays d’Arles, la Chambre des métiers, les associations de commerçants, l’ensemble des organisations qui rassemblent les entreprises, et les entreprises elles-mêmes des réunions d’information, de sensibilisation, de formation si nécessaire, nous trouverons dans ce dialogue le moyen d’amener les professionnels à réduire leur production de déchets, à les trier et assumer tout ou partie de leur collecte et leur traitement.

 Comment comptez-vous gérer et aménager les points d’apport volontaires (soit les containers avec le couvercle jaune) pour éviter qu’ils deviennent des points de dépôt sauvage comme c’est fréquemment le cas aujourd’hui ?

 Il y a dans cette question deux sujets en un : celui des dépôts sauvages qui se créent autour des conteneurs, et celui du bon usage des bacs jaunes. Arles est confrontée aux deux problèmes.

 Je ne reviendrai pas ici aussi sur la nécessité d’informer la population Arlésienne sur l’importance du tri et donc l’importance de mettre à disposition des points d’apport volontaires. Il s’agit pour nous d’un point essentiel qui doit irriguer notre politique de prévention et de gestion des déchets.

 Pour ce qui est des dépôts sauvages autour des conteneurs, voire aux pieds des arbres ou ailleurs, il nous faut en priorité axer notre action sur la prévention, à travers une politique d’information et de sensibilisation avant, le cas échéant, de prendre les sanctions nécessaires. Là encore, il convient de distinguer les déchets provenant des ménages de ceux produits par les commerçants. Pour les seconds, sans doute cette campagne de sensibilisation permettra, dans l’échange avec les commerçants concernés de mettre en évidence le manque de conteneurs en certains points, de les informer des règles une fois les moyens techniques mis en œuvre, et de les rappeler à l’ordre le cas échéant. C’est là un sujet sur lequel la commune et la Communauté d’agglomération doivent agir de concert, dans un partenariat étroit.

 Pour ce qui est des déchets produits par les ménages, là encore, il nous faut mener une campagne d’information et de sensibilisation offensive. En mobilisant les effectifs de la Police municipale et les ASVP, nous prévoyons en tout début de mandat des actions ciblées sur les différents sites identifiés pour veiller à la fois au respect des règles relatives à la nature des déchets déposés, mais aussi des horaires des dépôts.

 Toujours pour ce qui concerne les dépôts de déchets ménagers, il nous faut concevoir de nouveaux supports de communication en lieu et place des messages actuels pas suffisamment explicites ni accessibles pour beaucoup d’arlésiennes et d’arlésiens.

 L’expérience des mandats écoulés, l’immensité de la tache au regard des effectifs municipaux et intercommunaux nous font avoir conscience de la difficulté d’être partout, tout le temps. Il nous faut donc cibler en priorité les points les plus sensibles et faciles à régler.

 Afin de pallier les dépôts sauvages nous proposerons en plus d’une campagne d’information une plus grande amplitude d’ouverture des déchetteries ainsi que des espaces de dépôts et de tri des déchets qui seront créés dans des points stratégiques de la ville et des villages.

 Il me semble important de préciser que, contrairement à de nombreux autres candidats, nous ne croyons pas à la vidéosurveillance afin d’éviter les dépôts sauvages. D’une part, notre territoire est beaucoup trop vaste pour que les caméras puissent réguler de tels agissements et il a été démontré par de multiples recherches que la vidéosurveillance ne résout en rien l’incivilité, qu’elle ne fait qu’au mieux déplacer, pour des investissements coûteux.

 Nous développerons la distribution des sacs jaunes en partenariat avec l’ACCM et placerons des points de récupération au sein des mairies annexes du Pays d’Arles. Un relai d’information par mail sera effectué chaque mois afin d’indiquer aux citoyens où et quand récupérer les sacs jaunes.

 Nous accompagnerons les agents de l’ACCM en menant avec les employés municipaux, les CIQ et les associations présentes dans les quartiers une campagne de repérage, de sensibilisation et de réappropriation de l’espace public. Il faut d’un côté réapprendre à respecter et apprécier ces espaces de vie que sont les quartiers, mais aussi fournir une connaissance précise du terrain qui sera nécessaire aux agents de l’ACCM.

 Des campagnes de ramassages de déchets fleurissent partout en France et c’est une excellente chose, cela montre que chaque individu se sent de plus en plus concerné par son environnement. Sur Arles, nous avons aussi notre propre regroupement citoyen des Collecteurs de Déchets. Avant même cette initiative, des opérations de collecte étaient organisées sur le canal d’Arles à Bouc par le Comité d’intérêt de quartier de Plan du bourg semestres, à Piémanson par l’association de naturistes. Nous sommes conscients qu’il ne s’agit pas d’une solution pérenne car il ne s’agit pas de substituer le rôle de l’intercommunalité dans la collecte de déchets, car chaque citoyen s’investit en fonction de ses disponibilités et volontairement, mais ce type d’initiative peut nous permettre de nous réapproprier des espaces délaissés. Certains de nos soutiens comme Quentin, Julien, Thierry ou Mathias, participent au ramassage aux côtés des Collecteurs de Déchets et il nous tiendra à cœur de soutenir et de continuer à mener ce type d’action de manière volontaire bien qu’étant élus.

 Que prévoyez-vous pour améliorer la distribution des sacs jaunes ? (pensez-vous notamment en distribuer aux commerçants ?)

 Comment pensez-vous accompagner l’ACCM pour que la collecte sélective soit efficacement mise en place dans les quartiers comme Barriol ou le Trébon où elle est inexistante aujourd’hui ?

 Quelle est votre position sur le sujet ? Avez-vous l’intention de mettre l’accent sur la verbalisation pour inciter au respect des règles ?

 Quel que soit le sujet, la verbalisation est malheureusement incontournable en ultime recours. L’absence de sanction est la porte ouverte au laxisme et décourage celles et ceux qui s’emploient à respecter les règles, créant sentiments d’injustice et d’abandon. Mais encore une fois, la sanction ne doit intervenir qu’une fois les règles parfaitement établies et les moyens techniques mis à disposition.

 Pour ce qui est de la distribution des sacs jaunes, nous prévoyons tout d’abord de multiplier les lieux de distribution avec des permanences à jour fixe dans les maisons de quartier et les mairies annexe.

 La gestion informatisée doit nous permettre un suivi des évolutions comportementales par grand territoire, et ainsi nous aider à mieux définir les lieux à cibler dans nos campagnes de sensibilisation.

 Contrairement aux idées reçues, les associations qui en font la demande ont d’ores et déjà droit aux sacs jaunes. Nous prévoyons néanmoins de doter en début de mandat chacune d’entre elles d’un rouleau pour leur propre activité, mais également de mieux les accompagner dans l’organisation de leurs évènements. Les festivals et autres plateaux sportifs sont souvent de formidables opportunités pour toucher un maximum de personnes en un temps restreint. Nous allons donc développer les actions que nous avons expérimentées avec les associations engagées dans la Charte écocitoyenne de la commune, à savoir, en concertation avec elle, prévoir la présence de bacs jaunes mais aussi un kit composé de corbeilles de tri, de poubelles à verre, bacs à compost sacs jaunes avec le kit et chaque fois possible, la présence d’un ambassadeur du tri.

 En ce qui concerne la politique de pédagogie que vous évoquez, vous noterez au vu de mes réponses précédentes que nous souhaitons qu’elle soit diffuse au sein de notre ville et qu’elle touche chaque citoyen afin de lui faire prendre conscience des actions réalisables à son échelle.

 En ce qui concerne l’information auprès des saisonniers, nous travaillerons avec l’office de tourisme afin qu’un manuel quadrilingue (anglais, espagnol, italien, français) soit distribué à tout vacancier présent sur Arles. De même, nous nous rapprocherons des propriétaires de logement de vacances afin de veiller à ce que ces prospectus soient disposés au sein des demeures louées.

 Pour les « verticaux », le tri se met en effet difficilement en place. Mais attention à ne pas stigmatiser encore une fois les quartiers populaires. Un travail spécifique de médiation et de réponses techniques doit être mené. Cela passe essentiellement par un partenariat avec les bailleurs et de l’information/médiation avec les services compétents. Et dès 2020, avec le soutien de Citéo, une entreprise de valorisation des déchets, nous allons mettre en place dans les trois quartiers d’habitat social des points d’apports volontaires. Et le tri sera simplifié, car nous allons passer l’année prochaine en « extension de consignes de tri », cela veut dire que tout ce qui est en plastique pourra être mis dans les sacs jaunes.

 Nous profiterons de tous les évènements organisés dans ces quartiers, notamment les fêtes de quartier pour sensibiliser, à travers notamment des animations ludiques, au tri, et surtout apporter les informations nécessaires à son bon fonctionnement. Rappelons que dans ces quartiers comme dans toute la ville, le tri du verre et du textile est assuré.

 En ce qui concerne le tri sélectif papier, il a été mis en place fin mai début juin dans les 42 écoles de la Ville à la demande de la municipalité et avec le soutien ACCM. Et les premiers chiffres de collecte sont très encourageant.

 Il est important de noter ici que nous devons aller demain vers un glissement progressif d’un mode de collecte en pas de porte vers l’apport volontaire en colonnes. C’est est un bon moyen de réduire le coût du service. De nombreuses collectivités l’ont adopté, et en mesurent les bénéfices. Cela implique une transformation profonde des habitudes de chacun. Déposer ses déchets dans une colonne d’apport volontaire devra, pour être comprise et acceptée, être accompagnée par une information, une communication soutenue et un portage politique soutenu.

 Très probablement, cela nécessitera également des moyens humains supplémentaires d’accompagnement, pour l’information, la sensibilisation qui sont bien souvent la clé de la réussite pour une politique de prévention et de gestion des déchets offensive.

 Que comptez-vous faire pour anticiper l’application de la loi, accélérer la généralisation des dispositifs de traitement des déchets organiques, et assurer qu’ils seront bien utilisés ?

Vous engagez-vous à mettre en place des composteurs ou de la collecte de biodéchets dans toutes les cantines municipales (écoles municipales) ? Les biodéchets représentent un tiers des poubelles des ménages. Cela représente un gisement non négligeable qu’il convient de détourner de l’élimination classique, tout en l’intégrant dans un cycle vertueux d’économie circulaire de la matière organique. La Loi pour la transition énergétique et la croissance verte prévoit que d’ici à 2025, tous les particuliers disposent d’une solution pratique de tri à la source de leurs biodéchets.

 Sur notre territoire, plusieurs expériences ont été déjà menées lors de ce mandat, avec succès.

 Nous avons d’abord créé une plateforme de compostage où sont entreposés une partie des déchets issus des tontes des espaces publics, en vue de leur transformation d’un compost pour les besoins du services Espaces verts ou des écoles. Sur demande, les ménages peuvent, et depuis de nombreuses années, disposer gratuitement d’un composteur individuel à installer dans leur jardin. Un composteur collectif est en place à proximité du quartier de la Roquette, et nous tirons les premiers enseignements de cette expérience. Il en est de même dans certaines écoles, et plus particulièrement celles engagées dans des projets jardin ou autour de la biodiversité, dotées d’un composteur adapté aux ateliers pédagogiques.

 Le compostage collectif initié sur notre ville en 2019 cette année nous encourage. Il devra être déployé sur le territoire pour offrir la possibilité de valoriser les déchets organiques pour les habitants qui ne disposent pas d’un espace extérieur compatible avec le compostage individuel.

 Toutes les expériences collectives menées sur notre territoire, comme ailleurs, et notre récent voyage à Grenoble nous l’a confirmé, nécessitent un accompagnement au moins dans les premiers temps du projet.

 Nous souhaitons développer ces initiatives en créant de nouveaux jardins partagés comme celui de Griffeuille, ou ceux de Barriol au sein des quartiers et de la ville en désimperméabilisant certains espaces ou en créant des jardinières spécifiques afin de redonner un accès direct à la terre aux Arlésiens et de pouvoir pratiquer du compostage. Ces lieux de culture pourront accueillir un certain type de déchets végétaux et permettront à tout un chacun d’avoir un point de compostage proche de chez lui.

 De même, nous souhaitons instaurer au sein de chaque déchetterie un espace dédié au recyclage des déchets verts et organiques afin de produire un compost qui pourra être acheté à moindre compensation par les habitants souhaitant cultiver leurs plantes ou légumes.

 Pour ce qui est des écoles, et fort de l’expérience menée, nous travaillons avec les cantinières pour la généralisation du tri des déchets compostables et nous devrions pouvoir généraliser la démarche à la prochaine rentrée scolaire, à l’exception près des écoles les plus minérales qui ne disposent pas d’espaces en terre relativement isolés, notamment dans les écoles maternelles. De même, un composteur doit être installé à proximité de la cantine municipale Les enfants sont par nature plus réceptifs aux messages éducatifs et effectivement, nous devons leur apprendre dès le plus jeune âge les bons gestes afin que cela devienne à la fois un réflexe naturel pour eux, mais aussi qu’ils en soient les messagers dans leurs foyers respectifs.

 N’oublions pas aussi les professionnels confrontés à la gestion des biodéchets. C’est cette fois à l’échelle du Pays d’Arles que se mène le projet « Humus en Pays d’Arles» qui a pour objet de mettre en place une filière de compostage de proximité pour les professionnels producteurs de biodéchets.

 De manière à réduire l’usage des bouteilles en plastique, vous engagez-vous à installer plusieurs fontaines à eau dans l’espace public d’ici 2021, notamment dans l’ensemble des sites municipaux ?

 Avec l’accompagnement du service du patrimoine, prévoyez-vous de mettre en place des corbeilles de tri en centre-ville, au moins pendant la saison touristique où la fréquentation augmente ?

 Une étude est actuellement en cours visant à définir les lieux d’implantation de nouvelles fontaines d’eau potable. Leur nombre s’est au fil des décennies, considérablement réduits, souvent suite aux dégradations dont elles faisaient l’objet. Notre souhait est de proposer, notamment en centre-ville, un maillage pertinent en fonction notamment des compteurs d’eau en place, mais aussi en bonne intelligence avec le projet mené par l’association zéro déchets pays d’Arles dont sont partenaires plusieurs commerçants de la ville.

 Pour ce qui est du fonctionnement interne de la commune, nous proposons depuis de nombreuses années déjà de l’eau du robinet lors des réunions. La plupart des agents s’alimentent déjà en eau du robinet.

 Afin de soutenir la forte affluence estivale et l’augmentation des déchets l’accompagnant, nous installerons effectivement des corbeilles de tri en centre ville dans le respect des normes imposées par le secteur sauvegardé et les labels protégeant le patrimoine arlésien afin de définir des points stratégiques au sein de la ville. Nous étudions la possibilité de faire fabriquer ces poubelles par les structures d’enseignement professionnel présentes sur le territoire qui dispose d’une section chaudronnerie, car il nous semble intéressant de valoriser le travail de nos jeunes en l’exposant sur l’espace public comme mobilier urbain. La principale difficulté pour la commune, concernant le mobilier urbain, est financière. Mais, notre souhait est là encore de pouvoir mailler le centre-ville de corbeilles en quantité suffisante et disposées dans des lieux stratégiques de manière à ce qu’aucune d’entre elles ne soit à plus d’une minute de marche d’une autre.

 Souhaitez-vous interdire l’usage de bouteilles et gobelets jetables dans les établissements publics, sur les sites touristiques, et/ou lors des événements organisés dans l’espace public (féria, fête des associations, Drôle de noël, fête de la musique, etc) ? Expliquez ce que vous changerez au règlement d’occupation du domaine public.

 Vous engagez-vous à supprimer complètement les barquettes plastique dans les cantines pour les remplacer par du matériel non jetable ? A quelle échéance ?

 La tendance doit être à l’utilisation de verres recyclables lors de la féria et une véritable campagne doit être menée dans ce sens en partenariat avec les acteurs publics et privés comme c’est le cas à Nîmes depuis plusieurs années déjà et ailleurs Pour ce qui est des bodegas, c’est déjà en place. C’est avec les établissements de débit de boissons que nous devons maintenant trouver une solution pour qu’ils proposent également des verres consignés. Une vaisselle réutilisable sera utilisée lors de chaque évènement public. Nous devons atteindre cet objectif en associant à la cause les acteurs économiques, en valorisant ceux qui spontanément jouent le jeu, en accompagnant au mieux ceux qui veulent s’inscrire dans ces démarches de progrès et enfin en contraignant par les moyens réglementaires ceux qui ne souhaitent faire aucun effort.

 De même, si nous souhaitons promouvoir le recours aux circuits courts dans nos cantines afin de réduire les emballages plastiques, il sera nécessaire de supprimer les barquettes dans les deux ans à venir afin de les remplacer par des contenants réutilisables. L’EPARCA travaille déjà sur le sujet en lien avec le réseau national des établissements de restauration scolaire. Derrière un sujet à première vue simple, se cache des contraintes juridiques, sanitaires, techniques qui doivent toutes être prises en compte, sans que cela ne doive remettre en cause l’objectif.

D’une façon générale, quelle est votre politique en matière de gestion des déchets ? Avez-vous d’autres engagements précis à ajouter ?

 La question des déchets renvoie à deux sujets quelque peu distincts : la propreté d’une part, et la prévention et la gestion des déchets d’autre part.

 La propreté est la face la plus visible du sujet. Celle qui bien souvent déchaîne les passions. Nous avons sur ce sujet encore beaucoup de progrès à faire, même si les améliorations par rapport aux années passées sont notables. Mais la situation n’est pas encore satisfaisante. Encore trop de points noirs, trop d’incivilités, et pas assez de moyens humains et financiers pour faire face.

 La commune d’Arles ayant conservé la compétence « nettoiement », elle doit avec la communauté d’agglomération travailler dans un partenariat resserré car nos concitoyens n’ont que peu à faire des compétences, seul leur importe, bien légitimement le résultat.

 Nous souhaitons faire de l’ensemble des agents municipaux et intercommunaux des sentinelles, en capacité d’alerter, selon des procédures simples, sur les dysfonctionnements constatés lors de leur activité : lampadaire défectueux, dépôt d’ordures sauvage, nids de frelons, etc.

 De même, nous souhaitons doubler notre numéro vert « allô propreté », d’un dispositif utilisant les réseaux sociaux. Notre objectif est de faire en sorte qu’à chaque sollicitation puisse être apportée une réponse dans les meilleurs délais en mettant en place une application numérique municipale qui permet de recenser et de traiter les doléances sur la propreté.

 Pour ce qui concerne toujours la propreté, nous souhaitons mettre en place un dispositif itinérant utilisant un triporteur, pour les lieux non dotés de balayeurs, et où souvent s’accumulent des petits déchets de type canettes, paquets de gâteaux ou autres. Nous utilisons déjà un système similaire avec les vélos de l’entreprise Taco & Co qui collecte en centre ville les déchets auprès des particuliers comme des professionnels. De même, nous souhaitons équiper certains lieux identifiés de cendriers et mener une réflexion globale sur la question des mégots pour les éliminer.

 On n’oublie pas le rôle de chacun dans ce combat pour la propreté : et nous voulons instaurer le 15 septembre, dans le cadre du « clean up day », une journée de la propreté citoyenne.

 Mais au-delà de la propreté, la face immergée de l’iceberg mais ô combien importante face aux enjeux environnementaux et donc économiques et sociaux, est celle de la prévention et de la gestion des déchets.

 Nous produisons 23 000 tonnes d’ordures ménagères, 1000 tonnes de verre et 1200 tonnes d’emballage par an et on trie environ deux fois moins que la moyenne nationale. Se dire que notre département comme notre région sont à la traîne sur ce sujet n’est pas une excuse ! Nous devons changer d’échelle.

 Avec le transfert de la collecte et du traitement des déchets ménagers à la communauté d’agglomération, une nouvelle ère s’est ouverte, accompagnée de nouveaux moyens financiers. Le matériel roulant se renouvelle à meilleur rythme, les travaux sur les déchetteries sont programmés et après deux ans de rodage et d’installation, les cadres sont désormais concentrés sur les nouvelles politiques publiques à mettre en œuvre.

 Notre priorité doit être celle de la réduction de la production de déchets. Seules, la commune et l’intercommunalité ne peuvent pas faire face. L’environnement règlementaire, économique, sociologique, fiscal ont leur importance. Mais il est de notre responsabilité de prendre toute notre part à ce combat.

 Réduire nos déchets impose de revoir nos modes de production et de consommation, à commencer par le fonctionnement interne de nos administrations. Réduire nos déchets, c’est également valoriser les entreprises, l’ensemble des acteurs citoyens qui s’engagent dans cette voie, qui accompagnent les initiatives. A ce titre, nous devons établir des partenariats construits, officiels avec les structures souvent associatives qui s’impliquent sur ce sujet. Quelques sujets très symboliques, tel que celui de la Feria, doivent devenir des symboles de cette volonté politique qui doit tous nous rassembler. Nous savons que les habitudes, et souvent les mauvaises habitudes ont la vie dure. Mais l’Histoire a montré qu’avec de la volonté politique, les consciences évoluent. Après la réduction à la source, l’autre priorité est celle du tri et du recyclage. L’aménagement l’année prochaine d’une nouvelle déchèterie au nord d’Arles est acté pour un investissement de l’agglomération de près d’un million d’euros. Mais il est tout aussi indispensable de soutenir toutes les alternatives. Arles a la chance d’abriter sur son territoire la Fondation Abbé Pierre et une ressourcerie. D’autres initiatives émergent et sont créatrices d’activité économique. La récente expérience des recyclables dont on espère qu’elle se pérennisera en est la plus belle illustration. Il n’y a qu’à voir les allers et venues à Emmaüs pour se rendre compte que le réemploi a belle vie. D’autant que nous avons sur notre commune beaucoup de familles aux revenus modestes et qui trouvent à travers ces filières, de quoi s’équiper à un coût accessible.

 D’autres pistes doivent encore être explorées. Les métiers de la réparation notamment. Pourquoi ne pas faire des anciennes Nouvelles Galeries, un pôle dédié aux métiers du ré-emploi et du recyclage ?

 Bien des produits, bien des filières gagneront à être pensées à l’aune de l’économie circulaire. Cela suppose d’identifier les secteurs, les filières et les actions à mettre en œuvre pour encourager les circuits courts et de proximité. Enfin, la question des déchets ne peut pas être traitée sans identifier la dimension financière. L’ACCM consacre un budget de 16 millions d’euros pour la gestion des déchets et le traitement des déchets ménagers représente un coût de 175 euros la tonne. Chaque tonne de déchet évitée engendre une économie financière pour la collectivité et donc pour les citoyens qui s’acquittent tous de la TEOM (Taxe d’enlèvement des ordures ménagères). Une taxe qu’il faut désormais adapter pour encourager ceux qui limitent la production de déchets.

 Les déchets verts par exemple représentent un coût de 350 000 euros par an. Nous avons mis à l’étude la faisabilité d’une valorisation énergétique de cette biomasse dans le cadre du Plan Climat Air Energie Territorial, avec l’idée d’encourager la production locale d’énergie verte dans l’objectif de l’autonomie énergétique à l’horizon 2050. Nous examinerons, à la lumière de cette étude, en lien avec les initiatives menées sur les territoires jouxtant celui de l’ACCM, au sein du Pays d’Arles mais pas que, la meilleure manière de valoriser ces déchets verts. L’ensemble de ces orientations seront reprises et complétées dans le Programme local de prévention des déchets ménagers et assimilés (PLPDMA) que la Communauté d’Agglomération devra lancer en début de mandat. Cette réflexion stratégique, qui s’inscrit dans un cadre réglementaire, constitue une étape incontournable dans la définition d’objectifs à moyen et long terme et permet d’organiser le dialogue tout aussi incontournable avec les acteurs économiques, associatifs et citoyens. Il devra bien évidemment décliner localement les objectifs inscrits dans le Plan Régional de Prévention et de Gestion des Déchets établi par la Région. Etabli sous l’autorité de la communauté d’Agglomération, porté par l’ensemble de son exécutif et piloté plus particulièrement par l’élue (nous voulons nommer un Vice-président arlésien en charge des politiques de déchets) qui possèdera cette délégation, il associera tous les acteurs concernés. Car, il est une chose établie : sans une volonté politique forte, ce sujet ne pourra pas être traité à sa juste mesure.

 Mais nous sommes convaincus que tous les acteurs locaux trouveront leur intérêt à une commune, un territoire propre qui diminue sa production de déchets, trie, recycle, valorise tous ceux qui peuvent l’être et réduise au minimum les déchets résiduels, et ce d’autant que les coûts à la tonne supportés par la collectivité, et donc par les habitants via la TEOM, vont très probablement augmenter dans les toutes prochaines années.